C'est aujourd'hui l'anniversaire du poète Guillaume Apollinaire, qui vit le jour il y a 140 ans. En 1910, il écrivit ceci sur le peyotl :

"Les poètes et les esthètes américains ont découvert un nouveau paradis artificiel. C'est le mescal (Anhalonium lewinii), sorte de cactus dont les Indiens Kiowas, qui habitent au nord du Mexique, font une consommation rituelle, dans leurs cérémonies religieuses. Ils aiment ce poison si passionnément que les missionnaires ont en vain, pour les en détacher, fait appel au bras séculier.

Les visions que donne le mescal sont très particulières : les objets paraissent plus grands qu’ils ne sont en réalité ; leur aspect devient brillant, ils semblent surchargés de pierres précieuses ; on aperçoit des champs de bijoux, des pluies d’or, parfois surgissent toutes les nuances d’une même couleur en une succession rapide. L’air ambiant s’imprègne de parfums exquis. On entend des chants harmonieux.

Attendons-nous à voir ce rival du haschich et de l’opium faire bientôt son apparition en Europe. On dit même qu’un poète, retour d’Amérique et qui habite Versailles, aurait rapporté une certaine quantité de mescal et que des expériences auraient déjà eu lieu dans la ville du Roi-Soleil."

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Nous pourrons découvrir plus d'informations de ce genre dans le prochain ouvrage d'Aymon de Lestrange Histoire des plantes hallucinogènes du Mexique.

Portrait de Guillaume Apollinaire par Jean Metzinger (1883-1956), 1910. Collection particulière.