Par Alex Fougerouse

Dans ce deuxième épisode du podcast Sciences Psychédéliques vous découvrirez la psychothérapie assistée par kétamine, substance utilisée en médecine humaine et animale pour ses propriétés anesthésiantes, mais dont les effets psychoactifs n’ont été utilisés, par la médecine, que depuis peu. Cet épisode présente une interview avec le Docteur Joe Flanders, psychologue, directeur de la clinique Mindspace Wellbeing, fondée en 2011, de Montréal où ce type de thérapie sera proposé dans un futur proche.

Il convient tout d’abord de rappeler que ce podcast et ce billet n’ont pas vocation à inciter à l’usage de substances illicites ou à les présenter sous un jour favorable, ils visent à présenter l’état de la recherche et des pratiques psychothérapiques dans une démarche de vulgarisation scientifique et d’information du public.

Le Docteur Flanders commence l’interview par un bref sur sa carrière où il rappelle sa motivation première qui a été de “comprendre la souffrance et le bien-être”, ces questionnement l’amène à développer une pratique de la méditation qui se retrouvera dans les méthodes thérapeutiques utilisés dans la clinique Mindspace Wellbeing.

La technique de méditation qu’il utilise est la MBSR (Mindfullness-based stress reduction, “réduction du stress fondée sur la pleine conscience”) qui permet de mieux gérer ses pensées et de davantage s’ancrer dans l’ici et maintenant. Il est à noter que le Dr Flanders a une formation de thérapeute cognitivo-comportementale (TCC) à laquelle il a intégré des techniques de méditation.

Son parcours l’a ensuite amené à s’intéresser aux thérapies assistés par les psychédéliques (PAP), et notamment à l’utilisation psychothérapeutique de la kétamine. Pour reprendre ses termes, ces substances utilisées dans un cadre adéquat permettent de “contourner les obstacles”, les défenses, mis en place involontairement par le sujet, elles permettent de “s’ouvrir très facilement”, de “voie les choses de façon créative” et facilitent certaines “prises de conscience.”

Il insiste cependant sur le fait que ces “médicaments” (pour reprendre son expression qui a l’heur de souligner l’aspect thérapeutique des psychédéliques, peut-être non sans faire écho à certaines pratiques curatives américaines autochtones, la medicina) ne diminueront pas directement l’anxiété, ni n’auront d’incidence immédiatement sur le comportement : il s’agit plutôt d’une approche “transformationnelle” qui va s’intéresser aux causes moins évidentes du mal-être.

Il rappelle l’importance du cadre, de l’accompagnement nécessaire lors du processus thérapeutique où la personne peut ressentir de la peur ou de l’anxiété. L’accompagnateur, qui est un thérapeute formé, garantit la “sécurité psychique” de la personne. Il souligne que la journée thérapeutique doit être un “temps dédié à une exploration personnelle” qui se déroule dans un espace-temps sans responsabilités du quotidien et où la relaxation est possible, c’est ici que l’intérêt pour une approche fondée sur la méditation peut avoir toutes ses vertus.

Pour créer un “lien de sécurité” avec le thérapeute et ainsi assurer un bon déroulement de l’expérience, il préconise deux séances de préparation où des examens médicaux et psychologiques auront lieu.

C’est ainsi le cadre et la visée thérapeutique qui font la différence entre une utilisation de la kétamine dans le cadre d’une PAP et une utilisation pour ses seuls effets antidépresseurs lorsqu’elle est prescrite sous forme de spray nasal en faible dosage. Il s’agit de deux emplois différents de la même molécule.

Le Dr Flanders aborde ensuite les dynamiques de la recherche psychédélique au Canada. Il rappelle le rôle important de l’entreprise Numinus dans la recherche et les investissements dans ce domaine, entreprise qui travaille en collaboration avec la clinique et aussi, à une échelle internationale, avec le MAPS (l’association pluridisciplinaire pour les études psychédéliques). Il est à noter qu’au Canada il n’y a pas eu de “guerre à la drogue” comparable à celle menée aux Etats-Unis, les chercheurs ont donc sans doute moins de contraintes pour leurs travaux. Il est par exemple fait mention de champs en développement pour le traitement du stress post-traumatique à l’aide de la MDMA ou de la psilocybine.

Joe Flanders conclut l’interview en revenant sur sa carrière et les moments où il s’est senti déboussolé, il rappelle, dans une formule inspirante, qu’il a fini par développer pleinement son potentiel “en suivant son intérêt et en cultivant ses passions”.

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