Symposium d'études psychédéliques au Colloque international de la Société Française pour l’Histoire des Sciences de l’Homme

Le mercredi 15 septembre de 16h à 17h20

NB : Événement destiné aux étudiant·es et aux chercheur·es en sciences de l'homme et de la société

Lieu : Campus Condorcet, Centre de colloques, Auditorium 150 - Place du Front Populaire, Aubervilliers Métro Ligne 12 / Front Populaire

Contact : vincent.verroust@ehess.fr

Programme :

“C’est la dose qui fait le remède (et la culture qui fait le poison). La posologie de la psilocybine, principe actif des champignons divinatoires du Mexique, à l’hôpital Sainte-Anne (1958 - 1960)”. Vincent Verroust, doctorant CAK, IHM

“La dose, condition de l’expérience psychédélique ? Le cas du dosage de la psilocybine de 1958 à 1962 en France et aux Etats-Unis”. Élise Grandgeorge, doctorante HAR

“Enjeux de la prise en compte du set and setting dans les psychothérapies assistées au LSD”. Zoë Dubus, doctorante TELEMMe, IHM

Échanges avec la salle

Argumentaire :

Les substances psychédéliques sont des composés hallucinogènes qui partagent un mode d’action psychopharmacologique et des effets psychiques analogues. La mescaline, le principe actif du cactus peyotl, utilisé par différents peuples amérindiens d’Amérique du Nord, la diméthyltryptamine du breuvage amazonien ayahuasca, le LSD 25, substance semi-synthétique découverte dans un laboratoire de la firme Sandoz, ou encore la psilocybine, le principe actif des champignons divinatoires du Mexique, appartiennent à cette classe de molécules qui furent envisagés comme des médicaments avant d’être considérées comme des substances dangereuses sans intérêt médical. Les psychédéliques ont fait l’objet d’investigations par des médecins à partir de la fin du XIXe mais furent surtout expérimentés systématiquement en thérapeutique psychiatrique après la deuxième guerre mondiale. Le terme “psychédélique” (“révélateur de l’âme”), quant à lui, a été forgé par le britannique Humphry Osmond (1917 - 2004), directeur de l’hôpital psychiatrique de Weyburn au Canada, pour qualifier les effets de la mescaline et du LSD et sortir du paradigme “psychotomimétique” qu’il avait pourtant lui-même participé à conceptualiser. Mescaline et LSD avaient en effet été envisagés dans un premier temps comme des substances permettant de mimer la crise psychotique, à la fois dans un effort de compréhension des origines biologiques de certaines pathologies mentales et aussi pour permettre aux médecins d’avoir accès au contenu de l’expérience psychique de leurs patients. Cependant, dès 1950, des applications thérapeutiques sont également mises au jour : certains psychiatres et psychologues emploient le LSD comme adjuvant de la psychothérapie. Les auto-expérimentations des thérapeutes, médecins ou psychologues, participent à l’élaboration d’une nouvelle méthodologie et développent un nouveau regard sur les patients, en particulier en Amérique du Nord. L'objectif de ce symposium consiste en l’analyse des tentatives, menées en France, de naturaliser ces substances et de les intégrer dans des protocoles expérimentaux pour le soin de maladies psychiatriques. Comment établir la posologie d’une substance psychotrope ? Outre le dosage, quelles sont les conditions selon lesquelles l’administration d’une substance psychédélique est efficace pour traiter une affection ? Les recherches récentes en neuropsychopharmacologie insistent sur la qualité des “disposition intérieures” du sujet (set) et du cadre dans lequel se déroule l’expérience (setting). Les communications reviendront sur la manière dont les expérimentateurs français ont, ou n’ont pas, intégré une réflexion sur les paramètres posologiques et extra-pharmacologiques dans l’administration de ces substances. Le symposium offrira également l’occasion de discuter l’hypothèse de représentations négatives et d’une méfiance notable des chercheurs français envers les psychédéliques, manifestations particulières d’une attitude culturelle vis-à-vis de la variété des enivrements. La proposition s'inscrit donc dans la perspective des sciences studies, de l’histoire de la médecine et de l’anthropologie du médicament.

Bibliographie indicative :

Carhart-Harris Robin L et Goodwin Guy M, 2017, « The Therapeutic Potential of Psychedelic Drugs: Past, Present, and Future », Neuropsychopharmacology, octobre 2017, vol. 42, no 11, p. 2105‑2113.

Dyck Erika, Psychedelic Psychiatry, LSD form clinic to campus, Baltimore, The John Hopkins University Press, 2008.

Langlitz Nicolas, Neuropsychedelia, Berkeley, University of California Press, 2013.

Nielson Elizabeth M. et Guss Jeffrey, 2018, « The influence of therapists’ first-hand experience with psychedelics on psychedelic-assisted psychotherapy research and therapist training », Journal of Psychedelic Studies, 22 août 2018, vol. 2, no 2, p. 64‑73.

Oram Matthew, The Trials of Psychedelic Therapy: LSD Psychotherapy in America, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2018, 288 p.

Pahnke W. N., Kurland A. A., Unger S., Savage C. et Grof S., 1971, « The experimental use of psychedelic (LSD) psychotherapy », Internationale Zeitschrift Fur Klinische Pharmakologie, Therapie, Und Toxikologie. International Journal of Clinical Pharmacology, Therapy, and Toxicology, juin 1971, vol. 4, no 4, p. 446‑454.

Passie Torsten et Brandt Simon D., 2018, « Self-Experiments with Psychoactive Substances: A Historical Perspective », Handbook of Experimental Pharmacology, 27 novembre 2018.

Roseman Leor, Nutt David J. et Carhart-Harris Robin L., 2018, « Quality of Acute Psychedelic Experience Predicts Therapeutic Efficacy of Psilocybin for Treatment-Resistant Depression », Frontiers in Pharmacology, 17 janvier 2018, vol. 8.

Schenberg Eduardo Ekman, 2018, « Psychedelic-Assisted Psychotherapy: A Paradigm Shift in Psychiatric Research and Development », Frontiers in Pharmacology, 2018, vol. 9, p. 733.

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“C’est la dose qui fait le remède (et la culture qui fait le poison). La posologie de la psilocybine, principe actif des champignons divinatoires du Mexique, à l’hôpital Sainte-Anne (1958 - 1960)”. Vincent Verroust, doctorant CAK, IHM

En 1953, les époux Wasson, des ethnologues amateurs états-uniens, fondateurs de l’ethnomycologie, redécouvrent les usages amérindiens de champignons psychotropes au Mexique. Après avoir expérimenté sur elle-même ces champignons, Valentina Pavlovna Wasson, qui était pédiatre, a formulé l’intérêt pour la psychiatrie de l’expérience psychique provoquée par ces espèces hallucinogènes. En 1958, grâce à la collaboration entre le Muséum national d’Histoire naturelle en France et la firme pharmaceutique Sandoz en Suisse, leur principe actif, la psilocybine, est découvert. Aussitôt après, des pilules et des solutions injectables de psilocybine sont envoyées à l’hôpital Sainte-Anne à Paris pour qu’y soient menées des investigations cliniques avec cette substance. Mais comment établir la dose efficace d’une substance psychotrope ? À partir des correspondances entre mycologues, ethnologues, chimistes et psychiatres, nous examinerons le rôle des observations ethnographiques et des auto-expériences dans la mise en place d’expérimentations sur des volontaires sains et des patients. Ceci nous donnera l’occasion de considérer la subjectivité en tant que condition nécessaire pour l'acquisition de connaissances psychopharmacologiques : la nature des effets psychiques de la psilocybine ne pouvant en effet être saisie qu’à travers des expériences personnelles d’autant plus ineffables qu’elles sont fortes - ce qui dépend bien entendu de la dose ingérée. L’examen des ces correspondances et des premières publications françaises sur le rôle de la psilocybine en psychiatrie nous permettra également de mettre au jour une tendance à la prudence, sinon à la méfiance, vis-à-vis de l’expérience hallucinogène que finalement peu de cultures humaines ont valorisée. On mettra également en perspective les posologies employées en France entre 1958 et 1960 avec celles employées dans les études contemporaines sur la psilocybine aux États-Unis et en Angleterre.

Bibliographie indicative :

Delay, Jean, Pichot, Pierre, Lempérière, Thérèse et Quétin, Anne-Marie, 1959a, « Les effets psychiques de la psilocybine et les perspectives thérapeutiques », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, 1959, no 117, p. 899‑907.

Delay, Jean, Pichot, Pierre, Lempérière, Thérèse et Quétin, Anne-Marie, 1959b, « Effet de la psilocybine sur une névrose convulsive », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, 1959, no 117, p. 509‑515.

Delay, Jean, Pichot, Pierre, Lempérière, Thérèse et Nicolas-Charles, Pierre, 1958, « Effets psycho-physiologiques de la psilocybine », Comptes-rendus. des séances de l’Académie des Sciences, octobre 1958, vol. 247, p. 1235‑1238.

Edel Yves, 2017, « Expérimentations des psychodysleptiques à Sainte-Anne dans les années 1960 », Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, septembre 2017, vol. 175, no 7, p. 653‑660.

Heim Roger (1900-1979), 1957, « Analyse de quelques expériences personnelles produites par l’ingestion des Agarics hallucinogènes du Mexique » dans Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, Gauthier-Villars., Paris, Académie des sciences, vol.245, p. 597‑603. Heim Roger et Wasson R. Gordon, 1958, Les champignons hallucinogènes du Mexique : études ethnologiques, taxinomiques, biologiques, physiologiques et chimiques, Paris, Muséum national d’Histoire naturelle (coll. « Archives du Muséum national d’histoire naturelle »), vol.7, tome VI.

Notice biographique :

Vincent Verroust est doctorant au Centre Alexandre-Koyré sous la direction de Claude Blanckaert et chercheur associé à l’Institut des humanités en médecine sous la direction de Vincent Barras. Son travail de thèse constitue une recherche sur les conséquences de la découverte des champignons hallucinogènes du Mexique sur la production de savoirs scientifiques en France, principalement à partir de l’exploitation des archives du professeur Roger Heim du Muséum national d’Histoire naturelle. Il s’inscrit dans une réflexion sur la naturalisation des expériences psychiques inconnues et sur une approche biographique s'intéressant aux bouleversement occasionnés par des expériences susceptibles de provoquer des changements de personnalité, voire d’ébranler la rationalité des personnes qui s’y soumettent. Par ailleurs, Vincent Verroust collabore avec une équipe de psychiatres de l’hôpital Paul Brousse (Villejuif) intéressés par la reprise des essais cliniques avec la psilocybine en psychothérapie.

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“La dose, condition de l’expérience psychédélique ? Le cas du dosage de la psilocybine de 1958 à 1962 en France et aux Etats-Unis.” Élise Grandgeorge, doctorante HAR

La communication visera à analyser l’épineuse question de la posologie dans les protocoles expérimentaux étudiant la psilocybine, tant aux Etats-Unis qu’en France, de 1958 au début des années 1960. A l’été 1961 le psychologue américain Timothy Leary envoi un courrier au psychiatre français Jean Delay pour lui proposer une rencontre afin de partager les résultats de leurs études respectives sur la psilocybine. Les archives ne disent pas si cette rencontre eut lieu, aucun indice ne permet d’ailleurs de supposer une entrevue. Mais la lettre envoyée atteste de divergences importantes entre les deux hommes. En effet, dans son courrier Leary fait état d’un dosage de presque quatre fois supérieur à celui utilisé généralement par l’équipe de Jean Delay. Il affirme qu’un tel dosage assure une expérience positive pour le sujet, si l’environnement de l’expérience est par ailleurs soutenant. Le dosage et l’environnement apparaissent alors pour Leary comme les conditions nécessaires à la possibilité d’une expérience dite psychédélique. Du point de vue thérapeutique, c’est précisément cette expérience psychédélique qui est pour lui révolutionnaire. Or en France, comme les sources l’attestent, le paradigme psychédélique n’est pas considéré par la communauté psychiatrique. Seul Henri Ey semble en faire mention, tardivement, en 1967. Partant d’une analyse comparée entre les protocoles menés à Harvard et à Sainte-Anne, l’intervention reviendra particulièrement sur le cadre même des expériences, les choix initiaux relatifs à la posologie et au positionnement du soignant vis-à-vis du sujet. L’orientation conceptuelle initiale, le béhaviorisme d’une part pour Leary, la psychopharmacologie d’autre part pour Delay, semble déterminante dans ces choix. Ces traditions différentes pourraient aussi justifier la réception contemporaine tardive des psychedelic studies en France.

Bibliographie indicative :

Delay, Jean, Pichot, Pierre, Lempérière, Thérèse et Nicolas-Charles, Pierre, 1958, « Effets psycho-physiologiques de la psilocybine », Comptes-rendus. des séances de l’Académie des Sciences, octobre 1958, vol. 247, p. 1235‑1238.

Dyck, Erika, Psychedelic Psychiatry, LSD from Clinic to Campus, Baltimore, The John Hopkins University Press, 2008.

Ey, Henri, Le traité des hallucinations (1973), Perpignan, CREHEY, 2012.

Ulrich, Jennifer (ed.), The Timothy Leary Project, New York, Abrams, 2018.

Notice biographique :

Elise Grandgeorge est doctorante en histoire de l’art à l’université Paris-Nanterre sous la direction de Fabrice Flahutez. Son travail de thèse interroge un art dit psychédélique, elle s’intéresse notamment aux expérimentations des hallucinogènes en psychiatrie et en psychologie expérimentale portant une réflexion sur l’acte créatif durant les années 1950 et 1960. Elle est membre fondateur de la Société Psychédélique française et membre du comité scientifique d’ATHAMAS, art et antipsychiatrie, actuellement en résidence à l’INHA pour le programme INHALab. Elle est par ailleurs enseignante en arts visuels à l’ESDAC Marseille.

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“Enjeux de la prise en compte du set and setting dans les psychothérapies assistées au LSD” Zoë Dubus, doctorante TELEMMe, IHM

Les psychothérapies assistées au LSD émergent au milieu des années 1950. Rapidement, une partie du corps médical se questionne sur leur méthodologie : les psychiatres, auto-expérimentateurs de la substance, faisaient principalement état d’expériences très positives, lumineuses, enchanteresses. Celles-ci se déroulaient dans leurs bureaux ou chez eux, c’est-à-dire dans des lieux chaleureux, confortables. Au contraire, leurs patients faisaient souvent des récits angoissants voir traumatisants de leurs séances réalisées dans le cadre froid et impersonnel de salles d’hôpital. Devant cette dichotomie, certains thérapeutes tentent d’améliorer ces psychothérapies, et, ce faisant, remettent en question les pratiques psychiatriques de l’époque. Dans cette nouvelle forme de thérapie, une attention était portée au patient, à son histoire, à son témoignage de l’expérience, à ses dispositions psychologiques (“set”) et à l’environnement dans lequel se déroule l’expérience (“setting”). On l’informait des effets de la substance, la pièce dans laquelle se déroulait la séance était décorée, on lui permettait d’apporter des objets. Une personne restait auprès de lui tout au long de la session, dans une attitude bienveillante : les thérapeutes pouvaient même être amenés à lui prendre la main. Au contraire, dans les thérapies classiques, l’attitude du personnel soignant était « disciplinée », distante. Certains patients pouvaient être attachés à leur lit. Les sujets, souvent des malades mentaux, étaient soumis à l’expérience sans avoir reçu aucune information et devaient se plier à une batterie de tests. En fonction de l’orientation méthodologique choisie par le personnel soignant, les résultats thérapeutiques variaient considérablement : les études dans lesquelles le set and setting faisaient l’objet d’une attention particulière obtenaient des taux de guérison ou d’amélioration spectaculaires, ce qui n’était pas le cas de celles conservant les protocoles classiques. Une partie de la communication visera à souligner la spécificité française dans ce domaine puisqu’aucune étude publiée n’évoque de prise en charge particulière lors des séances au LSD, bien qu’elles soient nombreuses à illustrer par de longues citations le mal-être et l’angoisse de leurs sujets. Au fil des années 1960, le LSD est de plus en plus stigmatisé et présenté dans les médias comme une substance dangereuse liée à la contre-culture et aux mouvements sociaux de l’époque. Dans ce contexte, les chercheurs impliqués dans l’étude des psychédéliques sont marginalisés, d’autant plus s’ils prennent en compte le set and setting : pour le reste de la communauté scientifique, ils sont perçus comme trop « enthousiastes », leur objectivité et leur rigueur scientifique remises en cause. De plus, les nouvelles normes d’évaluations des médicaments, qui s’élaborent dans les mêmes années, sanctionnent à leur tour les études « psychédéliques ». Il s’avère ainsi impossible d’évaluer l’efficacité du LSD en « essais cliniques randomisés en double aveugle » : les effets de la substance sont si puissants qu’on ne peut les comparer à un placebo. Ces protocoles, isolant les traitements des êtres humains qui les prescrivent ou les reçoivent, n’étaient pas adaptés à la thérapie psychédélique dans laquelle le traitement pharmacologique était associé à une intervention psychothérapeutique et à un accompagnement particulier. En 1971, le LSD est définitivement classé dans la législation internationale dans la liste des stupéfiants représentant un « potentiel d’abus présentant un risque grave pour la santé publique et une faible valeur thérapeutique ». Les recherches sur la substance s’arrêtent progressivement durant cette décennie. Depuis la reprise des recherches sur les psychédéliques dans les années 2000, la question d’un set and setting approprié dans les psychothérapies effectuées à l’aide de ces substances reste entière : la communauté scientifique manque d’études évaluant l’influence de l’attitude du thérapeute et de l’ambiance sur les résultats de l’expérience. D’autre part, la mise en place d’un tel protocole représente un coût important et des locaux spécifiques, ce qui représente un frein déterminant de ce renouvellement des pratiques psychiatriques.

Bibliographie indicative :

Dyck Erika, Psychedelic Psychiatry, LSD from clinic to campus, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2008.

Hartogsohn Ido, « Constructing drug effects: A history of set and setting », Drug Science, Policy and Law, vol. 3, 1 janvier 2017, p. 1‑17.

Hyde Robert, « Psychological and Social Determinants of Drug Action », dans The Dynamics of Psychiatric Drug Therapy, Springfield, Thomas, 1960, p. 297‑315.

Notice biographique :

Zoë Dubus est doctorante en histoire à l’Université d'Aix-Marseille sous la direction d’Anne Carol (AMU) et de Vincent Barras (IHM). Sa recherche traite des transformations des pratiques médicales ainsi que des politiques de santé en lien avec l’utilisation de psychotropes en France, du XIXe siècle à nos jours. Elle s’attache à comprendre les relations qu’entretiennent la médecine et les médecins avec les produits modifiant la conscience et la sensibilité, conçus alternativement comme des médicaments innovants ou comme des toxiques. Ce travail vise enfin à replacer ces mouvements à la fois dans la question de l’expertise médicale et de ses enjeux socioprofessionnels, et dans le contexte plus large des rapports que la société entretient avec les psychotropes et donc avec le plaisir, la folie, la douleur et la mort.

. Illustration : La salle de thérapie psychédélique de l'hôpital Hollywood à Vancouver (photo sans date). Photographie tirée de "LSD-25 And Mescaline As Therapeutic Adjuvants" par J. Ross MacLean, 1963, avec l'aimable autorisation des Archives de New Westminster.